Le fantôme du poste 4
Une enquête policière illustrée — à partir de 10 ans
CHAPITRE PREMIER
Après le dernier train
Samuel Le Bris est aiguilleur au poste 4 de la gare de Rennes. Il prend son service à 21 heures, ce samedi 27 novembre 1937.
Le début de nuit est encore bien occupé : un train venant de Saint-Malo, puis un autre pour Redon à 23 h 05, et enfin le dernier, à minuit, pour Brest. Samuel assure à la fois l’aiguillage et le cantonnement avec les gares voisines.
Il fait nuit noire, Samuel distingue à peine le pont de Châtillon et quelques lumières tremblantes aux fenêtres des maisons. Il n'y a plus de voyageurs ni de cheminots dans la gare.
Le silence contraste avec le bruit des derniers trains et laisse parvenir jusqu’à lui le moindre craquement du poste.
Non. Ce bruit-là ne vient pas de l’intérieur.
Quelque chose a heurté la rambarde de l’escalier qui monte au poste.
Un seul coup.
Personne ne vient.
Samuel se dirige vers l’entrée afin de fermer la porte à clé.
De nouveau, ce bruit.
Il se fige.
Il attend.
Silence.
Il tend la main vers la clé restée dans la serrure quand, soudain, une énorme chouette effraie s’envole de la rambarde extérieure. À travers les vitres du poste, il entend à peine le battement de ses ailes. Samuel sursaute et pousse un cri d’effroi.
Il vérifie deux fois que la porte est bien fermée, tout en scrutant avec attention le bas du poste et les quais de la gare.
Rien ne bouge.
En regagnant son bureau, il remet un peu de bois dans la cheminée. Puis il s’assied.
Plus aucun bruit.
Il n’a plus de train. Il est minuit passé. Il est seul.
Il pourrait prendre un livre. Il pourrait même s’assoupir.
Mais il ne peut pas.
Il était déjà de nuit, la veille.
Et il l’a vu.
Le train qui n’était pas prévu.
Les aiguilles qui se retournent toutes seules.
Le signal qui s’ouvre.
Le train de brouillard.
Avait-il rêvé ?
Il sait que non.
Il n’en a parlé à personne, ni à son chef, ni à son épouse. On l’aurait pris pour un fou, c’est certain.
Mais alors… que s’était-il passé ?
Une hallucination ?
Non. Il avait entendu le gong d’annonce. Il avait vu les contrôles s’allumer.
Bien sûr, les leviers n’avaient pas bougé.
Mais il avait vu arriver de Saint-Malo ce train, ce train de brouillard, sans voyageurs.
Samuel se réchauffe un café et se cale dans sa chaise, près de la cheminée.
Peu à peu, le sommeil semble venir.
Ses yeux se ferment…
GONG !
Samuel ouvre brusquement les yeux.
Il se précipite vers la table de manœuvre. Un cliquetis attire son attention.
Un levier pivote lentement. Il s’arrête un instant, puis achève sa course. Un deuxième se met en mouvement.
Sous ses yeux, un itinéraire se trace sur le tableau de contrôle. Le signal d’entrée s’ouvre.
— Non ! Non ! Pas encore !
Samuel recule de quelques pas, puis se retourne vers les grandes vitres du poste.
Il n’en croit pas ses yeux.
Comme la veille, dans un silence absolu, le train de brouillard entre en gare.
CHAPITRE DEUX
À suivre....
Samuel Le Bris dit Sammy : l'aiguilleur du poste 4
Henri Delatour : le chef de gare voyageurs
Aristide Malherbe : le patron des Cars d’Émeraude
Les secrets du triage
CHAPITRE TROIS
Mensonges au triage
CHAPITRE QUATRE
Vérité au triage
ÉPILOGUE
L'aiguilleur entra dans son poste. Il n'y avait pas travaillé depuis des années, mais rien n'avait vraiment changé.
Il était chez lui.
L'auteur a pris quelques libertés avec la technique ferroviaire pour simplifier son scénario.
Les aiguilleurs lui pardonneront.
Le commissaire Doubrac, lui, l'a remercié.